Physique des mécanismes « Ze maiquigne ove »

L’idée m’est venue de faire ces vidéos en préparant le cours de physique des mécanismes pour les étudiants de Design industriel. Qui dit design, dit dessin, d’où le lien…

Le but de ces vidéos, est d’offrir un moyen complémentaire aux notes de cours pour réviser la matière vue en classe. Ils me permettent également de synthétiser la mécanique, ce qui est très amusant.

La réalisation des clips s’effectue en cinq étapes: le storyboard, le scénario, le croquis, le film, le montage.


1- Le storyboard. Comme j’ai une idée assez précise de ce que je veux présenter, le storyboard se fait en quelques minutes. Par contre, les esquisses pour les dessins peuvent prendre jusqu’à une heure selon le nombre de dessins par leçon. Pour les deux premières leçons, mes storyboards avaient 9 plans. Ça ne fonctionnait pas bien avec le champ de la caméra et obligeait à faire beaucoup de déplacements. J’ai réduit à 6 plans à partir de la leçon 3.

2- Le scénario. Je pensais naïvement qu’il me suffirait d’enregistrer ma voix en décrivant mon storyboard. La première leçon (la cinématique) fut faite ainsi, sans scénario. J’ai vite réalisé que c’était impossible de poursuivre de la sorte et depuis la leçon 2, j’écris un scénario. À partir de la leçon 6, ce sont de mes étudiants qui font la narration. L’écriture du scénario prend entre 1 à 2 heures.

3- Le croquis. J’utilise des feuilles de vélin bristol 19″x24″ (j’aime le luxe!) Le croquis est fait à la mine 5H et 9H. Autrement dit, je ne vois pas grand chose. C’est surtout pour bien gérer l’espace sur le carton et pour établir les proportions des dessins. Tout est donc déjà dessiné sur le carton avant de filmer. Le croquis prend environ 1 heure, mais parfois plus si les dessins sont difficiles à tracer d’un trait.

4- Le film. C’est l’étape la plus difficile. Le film est fait en une seule prise d’environ 50 minutes. Je dois consulter mon scénario pour m’assurer de tracer formules et dessins dans le bon ordre. Mais je fais toujours des erreurs. Tout dois être fluide et écrit sans faute, ce qui m’énerve juste assez pour me tromper. J’ai dû re-filmer la leçon 2 au complet car j’avais fait deux erreurs en écrivant les équations. Dommage mon premier portrait de Newton était le meilleur!

J’utilise beaucoup de crayons, car je n’arrive pas à trouver le bon. Les dessins sont fait avec des crayons d’artistes Faber-Castell (j’aime le luxe!) Pour la couleur, les feutres de mes enfants auraient très bien fait l’affaire, mais j’utilise des Promarker (j’aime le luxe!) Finalement les équations sont écrites avec un Staedtler graphic 3000. Un très bon feutre qui me permet d’écrire de plus loin pour qu’on voit mieux. Malheureusement, l’encre de ce feutre prend un temps infini à sécher. Si ma main s’appuis sur l’encre, c’est la catastrophe (très difficile à éviter pour un gaucher!)

La caméra est fixée sur un support que j’ai fabriqué en bois. Le mouvement de gauche à droite est réalisé à l’aide d’un rail de tiroir à classeur. Le mouvement de haut en bas est réalisé par le déplacement du support qui est sur roulettes. Le problème de ce système est qu’il est très sensible aux vibrations de la table quand le bras de la caméra est complètement déployé. C’est très visible dans mon premier film (en plus de l’autofocus que j’ai oublié de mettre off).

5- Le montage. Une fois importé dans imovie, le film est découpé en séquences et la vitesse de chaque séquence est ajustée pour être synchronisée avec la narration. imovie permet d’accélérer jusqu’à 20 fois. Donc même les dessins les plus longs (Galilée, Newton…) doivent être réalisés rapidement sinon je n’arriverais pas à les synchroniser. J’ai quand même un truc pour accéléré plus de 20 fois, mais ce n’est pas intéressant visuellement. À plus de 20 fois la vitesse réelle, la main se déplace trop vite et on voit mal la création du dessin. Le montage prend environ 2 heures.

Ce « cours en-ligne » exige donc beaucoup de temps. Les deux premières leçons m’ont pris plus de 10 heures chacune, mais maintenant je suis mieux rodé. Cependant, non seulement est-ce amusant à faire, mais ça m’est aussi très instructif sur mon enseignement. J’espère que des étudiants y trouveront leur compte.