Mon héros est mort

Lorsque Neil Armstrong a posé le pied pour la première fois sur la Lune le 20 juillet 1969 il n’était pas seul. Plus de 400 000 personnes avaient contribué au programme spatial américain. Ce n’était pas une aventure individuelle, mais à l’instant où il marquait le sol lunaire de son empreinte, un seul homme représentait l’humanité. C’était lui, Neil Armstrong.

Tout n’est pas toujours bon ou mauvais. Dans ce regrettable conflit que fut la guerre froide s’est accomplie notre plus prodigieuse conquête. Pour citer Constantin Tsiolkovski, «la Terre est le berceau de l’humanité, mais on ne passe pas sa vie dans un berceau.» En 1969, moins de vingt-cinq ans après la Deuxième Guerre mondiale, il y avait assez d’armes nucléaires sur Terre pour détruire l’humanité. L’homme aurait pu tomber en bas de son berceau et ne jamais se relever. Au lieu de cela, il fit ses premiers pas. On ne peut dissocier la conquête spatiale de la situation politique dans laquelle elle s’est produite. Et cela la rend peut-être plus fantastique encore.

Aujourd’hui, nous vivons dans une époque technocratique. Nous sommes baignés de technologies et gouvernés par elle, mais connaissons paradoxalement un certain désabusement scientifique. Alors que les Américains coupent toujours un peu plus le budget de la Nasa et qu’ils n’ont plus les moyens d’envoyer un homme dans l’espace, au Canada, le gouvernement Harper a outrageusement coupé dans les programmes scientifiques.

Cependant, nous pouvons encore nous extasier de la découverte du boson de Higgs, de la découverte d’exoplanètes en zones habitables ou de la possibilité de découvrir de la vie fossilisée sur Mars. Mais nous attendons toujours le prochain Neil Armstrong qui portera nos rêves au-delà des frontières actuelles.

J’avais un an quand Neil Armstrong marchait sur la Lune. Je suis de la génération qui devait implanter une base permanente sur la Lune et conquérir Mars. Avec Neil Armstrong s’éteint le représentant de cette époque de conquêtes et de rêves.

Merci Neil d’avoir su incarner si justement l’image du héros. Tu as rejoint aujourd’hui le firmament, mais l’avais-tu seulement déjà quitté?